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Attaque du marché de Noël de Magdebourg : prison à vie requise contre l'accusé saoudien
information fournie par AFP 04/06/2026 à 20:12

La police scientifique inspecte la voiture qui a foncé dans la foule d'un marché de Noël à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 21 décembre 2024 ( AFP / John MACDOUGALL )

La police scientifique inspecte la voiture qui a foncé dans la foule d'un marché de Noël à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 21 décembre 2024 ( AFP / John MACDOUGALL )

Le parquet général a requis jeudi la prison à vie dans le procès du psychiatre saoudien qui avait foncé avec sa voiture sur la foule du marché de Noël de Magdebourg, en Allemagne, tuant six personnes et en blessant plus de 300 en décembre 2024.

L'acte commis par l'accusé, qui dépasse "toute dimension humainement compréhensible", a été "longuement et soigneusement préparé", a affirmé le procureur Matthias Böttcher après sept mois de procès.

Il a demandé une condamnation à la réclusion à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté et de la reconnaissance de la gravité particulière de la faute, ce qui complique une libération conditionnelle au-delà de 15 ans.

Réfugié au parcours atypique, Taleb Jawad al-Abdulmohsen, un psychiatre quinquagénaire, a reconnu au cours du procès avoir planifié une attaque et conduit la voiture de location.

Le psychiatre saoudien Taleb Jawad al-Abdulmohsen dans un box en verre blindé, lors de son procès pour l'attaque meurtrière du marché de Noël de décembre 2024, dans la salle d'audience provisoire de Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 4 décembre 2025 ( AFP / RONNY HARTMANN )

Le psychiatre saoudien Taleb Jawad al-Abdulmohsen dans un box en verre blindé, lors de son procès pour l'attaque meurtrière du marché de Noël de décembre 2024, dans la salle d'audience provisoire de Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 4 décembre 2025 ( AFP / RONNY HARTMANN )

Il a nié en revanche avoir intentionnellement renversé des personnes, parmi d'autres déclarations confuses et imprégnées de théories complotistes.

Arrivé en Allemagne en 2006, il était connu des autorités et avait notamment été condamné à une amende pour menace de crimes.

D'après le procureur Böttcher, la source du mobile résidait dans un conflit opposant le prévenu à une association de réfugiés de Cologne, contre laquelle il avait perdu un procès civil.

L'accusé cherchait à "se venger" de cet échec et d'une série de plaintes pénales restées sans suite, et voulait "continuer à attirer l'attention du public et des médias", a soutenu le représentant du parquet.

Les plaidoiries des parties civiles et de la défense doivent se tenir lors des prochaines audiences et devraient durer plusieurs jours.

La date du verdict n'a pas encore été fixée.

- Profil "islamophobe" -

Parmi une série d'attaques commises par des étrangers, son attentat à la voiture bélier avait renforcé le débat autour de l'immigration et accru la pression sur le chancelier social-démocrate d'alors, Olaf Scholz, en pleine campagne électorale.

Des chaises vides, des couvertures abandonnées et des débris sur un marché de Noël fermé, où une voiture a foncé dans la foule la veille au soir, le 21 décembre 2024 à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne ( AFP / John MACDOUGALL )

Des chaises vides, des couvertures abandonnées et des débris sur un marché de Noël fermé, où une voiture a foncé dans la foule la veille au soir, le 21 décembre 2024 à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne ( AFP / John MACDOUGALL )

L'attaque avait aussi fait écho à celle de décembre 2016, lorsqu'un islamiste avait tué 12 personnes en fonçant à bord d'un camion sur un marché de Noël de Berlin.

Au lendemain de l'attentat, les autorités allemandes avaient au contraire souligné le profil "islamophobe" Taleb Jawad al-Abdulmohsen, qui affichait sur les réseaux sociaux sa sympathie pour le parti d'extrême droite allemand, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), et son hostilité envers l'islam.

En substance, il reprochait aux autorités allemandes de ne pas assez protéger les Saoudiens fuyant leur pays pour des raisons religieuses ou politiques, et de se montrer à l'inverse généreuses à l'égard de réfugiés musulmans venus du Moyen-Orient.

- Trouble narcissique -

Au début du procès, l'homme à la longue barbe poivre et sel s'était lancé dans un discours incohérent de 90 minutes sur les politiciens, la violence contre les femmes dans son village saoudien, les ressentiments religieux, la police et les médias, tout en se mouchant et sanglotant.

Mais pour Matthias Böttcher, ce qui "importe" vraiment à l'accusé, "c'est et cela a toujours été une seule chose: lui-même".

Un expert psychiatre a diagnostiqué un trouble de la personnalité narcissique chez l'accusé, qui n'a laissé transparaître "aucun remords, aucun regret ni aucune prise de conscience", a insisté le procureur.

Le visionnage de vidéos a laissé voir comment l'homme, au volant de sa voiture de type SUV de plus de deux tonnes et de 340 chevaux, a roulé en zigzag et à grande vitesse à travers la foule jusqu'à la "labourer", a déclaré le procureur Marco Reinl, autre représentant du parquet général.

Outre les six morts, un garçon de 9 ans et cinq femmes âgées de 45 à 75 ans, sa course folle a fait plus de 300 blessés.

Le procès, organisé à Magdebourg même, a nécessité la construction d'une immense salle d'audience, une structure légère provisoire pouvant accueillir des centaines de personnes.

La souffrance endurée encore aujourd'hui par les familles des victimes est "quasiment indescriptible", a souligné Matthias Böttcher.

1 commentaire

  • 20:28

    Dans son pays et pour des faits comparables, ce Saoudien aurait très probablement été condamné à mort et exécuté par décapitation au sabre.


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